Samedi 28 février 2026

Cernés que nous sommes par le mépris social…
Le sociologue Pierre Bourdieu disait que les classes populaires, soit le peuple dans sa majorité quelque part, est « parlée plus qu’elle ne parle. » Dans les médias (de droite, soit 90%), sa parole est, soi disant, rendue par des politiques, des chroniqueurs, des journalistes. Mais sa parole médiatisée est transformée, triée, caricaturée pour concorder aux problèmes de la bourgeoisie conservatrice, voire franchement ultra droite. En ce moment, ces chiens de garde de la bourgeoisie possédante s’en donne à coeur joie. Les braves Français de base serait écoeurés, effrayés, scandalisés par la gauche insoumise.
Pourtant, quand ces classes populaires habillés de gilets jaunes ont manifesté, fait trembler le beau Paris intra muros et qu’ils revendiquaient des choses qui ne collaient pas à cette élite, à savoir contre le mépris de classe, contre les impôts injustes, contre le coût de la vie, etc., alors là, ils ne prenaient plus leur parole. En tous cas, pas de ceux-là….
Quand ils sont moins lyriques à prendre la voix des Français, ces protecteurs des puissants devant les caméras divisent la populace. Ici les dignes se levant tôt pour aller travailler, et là les « assistés ». De qui parlent-ils vraiment ? Tous ces intérimaires courant après une mission par-ci par-là, tous ces valeureux par milliers tentant l’aventure précaire et exténuante de l’auto-entrepreneuriat. Tous ceux qui ne font même plus les démarches pour avoir des aides tant ils sont dans la honte, dans le décrochage numérique de la dématérialisation des demandes, dans le surcontrôle permanent des preuves et des cachets faisant foi.
Alors toutes ces personnes, ne sachant plus comment lutter, reprend l’expression « assisté » pour se persuader qu’elles n’en font pas partie et que c’est l’autre. C’est « nous » contre « eux ». Le terreau du désespoir d’où se déploie l’extrême droite. On « nous » méprise alors méprisons-les. « Nous d’abord ». Ne sachant plus qui désigner coupable des fins de mois impossibles à boucler. « Nous payons pour les autres » déclament-ils. Comme pour garder une peu d’influence et de poids dans une société désunie.
Cernés que nous sommes par les masses…

Dans le monde merveilleux des masculinistes français on retrouve aussi Papacito, Baptiste Marchais, Valek, Stéphane Edouard. Une galaxie qui a juste théorisé et intellectualisé le machisme le plus crasse et bas de plafond et qui en a fait un acteur indispensable de la grande vague nazie qui déferle sur nous. La glorification de l’homme s’accompagne de bonnes doses d’homophobie, de misogynie, de xénophobie, de violence et d’agression. La séduction est pour eux une chasse, une prédation.
Ils font leur recrutement souvent chez le sous-groupe voisin des incels (célibataires involontaires) qui fondamentalement haïssent les femmes qui ne veulent pas d’eux. Ils en viennent à devenir terroristes. Les victimes sont nombreuses dans le monde. Ces frustrés violents qui ont le goût du totalitaire renversent comme il est de coutume les choses en appelant les féministes des « féminazies ». Ce même renversement auquel on assiste en ce moment sur les antifascistes et les insoumis devenus les « fascistes ». Le chemin du masculinisme à l’extrême droite fut celui d’Alain Soral ou Eric Zemmour et c’est devenu une autoroute pour tous ces énergumènes.
Le plus symptomatique de cette idiocratie, ce sont les femmes qui le rejoignent. Comme Thaïs d’Escufon (vrai nom Anne-Thaïs du Tertre d’Escoeuffant) passée par l’Action Française et Génération identitaire, de bons groupuscules bien fachos, elle fait de l’abonné sur Internet en voulant sauver le vrai mec hétéro blanc car la société moderne l’aurait rendu misérable et la femme sans principes. Extrait : « Si une femme vous aime vraiment et que vous la traitez correctement, elle cuisinera pour vous, couchera avec vous, vous soutiendra dans vos projets, vous donnera des enfants, fera le ménage, vous obéira, vous respectera. C’est le strict minimum. »
Dans le monde du jeu vidéo, dans ce monde de repli sur soi, la frustration mène vite à la haine. Le patriarcat a encore de beaux jours devant lui. Et les cibles sont les plus jeunes pour les conditionner à se idées. Les dernières enquêtes sur la position des plus jeunes sur ces sujets homme/femme sont déjà inquiétantes. Une belle première marche vers la pensée d’ultra droite bien puante.
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