jeudi 24 mai 2012

Chatard Infos N°3


Italie


Vague de suicides depuis le début de la crise chez les artisans et les petits entrepreneurs. Un sociologue italien, Ilvo Diamanti, analyse : « Le travail est devenu la nouvelle religion. » Et c'est lourd de conséquences. Réussir sa vie professionnelle, gagner des thunes serait devenu le but ultime et essentiel de nos vies occidentales et libérales. C'est déjà une tristesse dans l'horizon de notre humanité. Et dans le cas d'une crise terrible et mondiale, on peut voir ce que cette philosophie misérable de l'individualisme et du matérialisme donne, droit dans le mur. Des pauvres idiots qui considèrent que leur business, leur petite affaire, leur boîte (qu'ils considèrent même comme leur « bébé ») est leur raison de vivre. Et si cette raison disparaît, eux aussi. A quel rang ces personnes classent-elles leurs proches, leurs compagnes, leurs enfants et même leurs amis ? Parviennent-ils à méditer au-delà de leur nombril, à la mesure du monde, de l'homme, de la planète ? Pathétique et glaçant...



France

Oui, comme les cadors en perdition de l'UMP, je rêve d'une cohabitation suite aux législatives mais du parti socialiste avec un gros paquet d'élus du front de gauche qui ramènerait le gouvernement vers la gauche, vers la sociale.



Kenya

Encore une zone d'ombre de l'Histoire qui petit à petit, enfin, se dévoile. Dans les années 1950, les colons du Royaume-Uni ont massacré des centaines de milliers de Kikuyus au Kenya. Des détails, des témoignages donnent une idée précise de l'horreur : tortures atroces, viols, délires de science en roue libre, etc. Dans les livres scolaires d'Histoire, il serait temps de rendre toute cette horreur coloniale où une forme d'industrie de la mort et du génocide s'est mise en place, perfectionnée et perpétuée au 20ème siècle surtout sur le continent africain mais qui le rappelle ? Exemples : une sorte de répétition générale de la Shoah en Namibie par les Allemands sur les Hereros et les Namas (camps de concentration, extéerminations, etc.) au début du siècle jusqu'à ces échos de ce terrible savoir-faire européen au Kenya (notamment) après la deuxième guerre mondiale.



France

Le vrai visage de certains de nouveaux ministres soi-disant de gauche : Pierre Moscovici, ministre de l'économie, depuis longtemps président du Cercle de l'industrie, disait en novembre dernier à l'Express : « Il ne faut pas avoir peur de la rigueur » ou encore « les déficits publics seront réduits en 2013 en deçà de 3% quoi qu'il en coûte » promettant de prendre « les mesures nécessaires ». Autant dire que ce ministre a des priorités et elles ne sont pas sociales et généreuses...

Manuel Valls, ministre de l'intérieur, maire d'Evry est loin d'être l'antithèse de Guéant son prédécesseur... Bien au contraire. En juin 2009, sur le marché de la ville, voyant trop de couleurs de peau foncées, il demandait à ses conseillers : « Belle image de la ville d'Evry... Tu me mets quelques Blancs, quelques White, quelques blancos ! ». Ou encore, dans le genre laïque et douteux, il disait en juin 2011, « par ma femme, je suis lié de manière éternelle à la communauté juive et à Israël ». On comprend mieux sa tendance systématique à l'islamophobie sous tous les prétextes possibles (contre Tarik Ramadan, contre le voile, etc.).



Sciences

D'après les plus éminents biologistes et philosophes, et suite à des années de recherches, on doit accepter à présent la victoire de l'acquis sur l'inné. C'est (enfin) la fin du règne de la génétique dominante. Une nouvelle révolutionnaire qui devrait faire taire toutes les théories les plus nauséabondes de hiérarchies des genres, des ethnies et que sais-je encore, des civilisations... Mais il faudra du temps et des combats idéologiques avant que cette vérité s'impose et reste comme le marbre. Car c'est le « statu quo social [qui] donne l'illusion de différences innées » (Jesse Prinz, professeur de philo à l'université de New York). Du coup, sur cette arnaque intellectuelle, les extrêmes droites du monde entier fleurissent sur le fumier de la crise, des politiques font diversion sur des communautés et les clichés sur les « races » persistent encore et toujours... Dans les boîtes à fécondation américaines (tout s'achète, tout se vend...), les ovules à vendre d'origine asiatique sont 2 à 4 fois plus chers car, d'après le « statu quo social », les asiatiques sont plus intelligents et plus disciplinés, etc. Le bon cliché qui risque pas de disparaître de sitôt... Hélas !


mercredi 9 mai 2012

Week end présidentiel

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Réveil des petits après la sieste - Dîner classe avec Piotr, Clot et Virzz - Devoir citoyen dimanche matin - Extrait de "Là-bas si j'y suis" à Neuilly à l'annonce des résultats...

lundi 30 avril 2012

Billet du 30 avril 2012

Deux sujets :

- Deux terrorismes, deux poids, deux mesures : la différence de traitement des affaires Merah et Breivik

- L'horreur qui vient : pourquoi nous allons, nous aussi, déguster l'austérité après l'élection présidentielle comme en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Italie, etc.

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jeudi 29 mars 2012

Présidentielle 2012, une Mélenchonite sinon rien


Marre des débats politiques. Des échanges de points de vue. Après tout, n'est-ce pas le plus souvent des discussions stériles, inutiles. Ca me fait plus marrer. L'enjeu des changements qui pourraient idéalement arriver à mes yeux sont trop importants pour moi, mes enfants, ma famille. J'n'arrive plus à comprendre les choix de ceux de ma classe. De mes proches, mes potes, mes connaissances, mes collègues qui gagnent à peu près, finalement, la même chose en fin de mois, ne désirent-ils pas une vie meilleure, un progrès dans le sens du « progressif » dans la grande tradition de la gauche et de la lutte des classes, notre classe... On en est tous au même point, non ? Un salaire si juste et minable qu'une simple « couille dans le potage » peut tout faire s'écrouler comme un jeu de cartes et nous laisser dans la panade. L'épargne impossible, on ne peut que se projetter qu'avec des crédits, des endettements pour construire quoique ce soit et c'est la meilleure des laisses, des camisoles, des muselières.

N'en est-on pas tous au même point, dans la grande majorité du peuple ? Et alors qu'attend-on ? Le choix n'est-il pas clair comme de l'eau de roche ? A gauche toute. La gauche, la vraie, la plus couillue, la plus intransigeante... Celle qui va prendre l'argent où il est, celle qui redistribue, celle qui promet la hausse des salaires minimum. Celle qui dit non à la politique de l'austérite, au serrage de ceinture des plus précaires tandis qu'une « élite » se gave. La crise de la dette n'est, en réalité, que la crise des recettes, une crise doucement mais assurément préparée depuis des décennies par les deux courants dominants droite et gauche de gouvernement. Tapons dans la gauche de cet échiquier politique pour une fois et faisons trembler ce système qui nous soûle tous, que l'on combat tous les jours... Qu'attend-on ?

Marre d'essayer d'ouvrir les yeux à tous ses proches qui se font bouffer le crâne. Marre des gens de ma classe, de ma condition séduits par la tentation centriste voire frontiste... Ils croient que la gauche et la droite, ça ne veut plus rien dire mais ont-ils jamais sû quelles étaient les différences fondamentales des deux courants, des deux systèmes génétiques de la démocratie depuis la Révolution française ? Politiquement, économiquement, c'est défendre les intérêts de sa classe, celle du peuple. Et si vous ne voyez pas clair dans la lutte des classes, que ça vous paraît dépassé, archaïque, alors vous n'avez plus les yeux en face des trous. Renseignez-vous mieux, nom de Zeus... Le fossé qui s'est créé depuis la révolution néolibérale des années 1980 entre le petit cercle des richissimes (pour les noms, il suffit de retrouver les personnes présentes au Fouquet's en mai 2007) et la masse du peuple loin derrière mais se persuadant qu'il est de la classe moyenne alors qu'il est bel et bien de la classe laborieuse... La France est à la fois une ploutocratie (dirigée par les plus riches) et une oligarchie (dirigée par une poignée). Une société d'employés, nouveaux exploités, dont l'avenir au travail est le service à la personne, une jolie expression pour recycler l'idée XIXème victorienne d'une société avec un peuple de domestiques. Ces infos sont admises des deux côtés de l'hémicycle à présent mais les solutions apportées ne sont pas les mêmes. C'est là aussi qu'il faut se demander ce en quoi l'on croit dans sa vie et dans ses tripes et surtout, pour le monde dans lequel on veut vivre, soi et les siens...

Je me pencherais dans ses lignes plus dans la différence « droite/gauche véritable » sur la base philosophique, histoire que chacun puisse se poser la question sur ces deux idées majeures et cruciales de votre positionnement politique.

Tout d'abord, philosophiquement, croyez-vous en la différence énorme des salaires, des revenus ? Voilà l'idée la plus débile que l'on nous a vendu depuis des années et que beaucoup partage sans s'être vraiment creusé la cervelle sur cette conviction crétine qui adoube les riches et les plus que riches. Surtout dans l'esprit d'un type de droite, c'est un fondement. Mais en quoi un type talentueux, malin, intelligent, créateur, génial ou alors chanceux ou bien né mériterait-il d'avoir plus, d'avoir plus de confort voire de luxe, d'avoir deux ou quinze bagnoles, de manger des plats hors de prix, etc. La méritocratie, philosophie ô combien de droite, partagée aujourd'hui dans les rangs de la gauche gouvernementale socialiste. Mais ce type génial a-t-il plus de besoin qu'un autre de par son génie ? Il mange, il dort, il fait popo comme tout le monde. Biologiquement, il est le même. D'où vient alors cette mythologie que les membres de l'elite friquée, du créateur calculateur à la Gates/Jobs jusqu'à l'héritier chanceux à la Lagardère/Dassault/Bouygues ? Nulle part. Pure construction intellectuelle. Alors qu'attend-on ?

De même, autre idée philosophique fondamentale : l'ambition. Voilà, là aussi, un mot maquillant ce qui était autrefois dans la tradition de l'église, un vice. De nos jours, c'est la qualité suprême à laquelle d'autres constructions intellectuelles mensongères, toute faites à la noix s'embriquent comme le « self-made man », l'homme qui s'est fait tout seul, véritable mensonge qui flatte ces hommes à la success story romancée de story-telling. Ces « winners » n'ont pu « réussir » que sur le dos de la société et, rien qu'en ça, ils doivent tout à la société qui les a engraissé. Un vrai « self made man », j'en connais un, pourquoi pas, c'est Robinson Crusöé. Et encore, c'est discutable puisque pour les spécialistes de l'oeuvre, le personnage n'existe vraiment qu'avec l'arrivée de Vendredi... Etre ambitieux, c'est vouloir se distinguer des autres, être plus beau, plus fort, plus riche, mieux que tous les autres ou, au minimum, de la plupart. Est-ce fondamentalement une idée noble, une idée qui permet le bon fonctionnement de la société ? Moi, je fais partie de l'humanité et je n'ai que faire de marcher sur les autres pour m'élever au-dessus de mes semblables ? Une société basée sur cette idée de l'ambition ne va que droit dans le mur, non ? Alors qu'attend-on ?

Voilà pourquoi je crois et croirai toujours que la gauche est une marque d'intelligence. C'est penser le monde dans un angle collectif et non individualiste. C'est le début essentiel pour raisonner sur l'humanité. Depuis la chute du mur et de l'Union Soviétique, les intellos de droite (souvent cachés à gauche) ont réussi à imposer l'idée que penser collectif, c'était le début du totalitarisme... Quelle idiotie et quelle idée pratique pour faire de la démocratie capitalisme de marché tout puissant (ou dictature du marché) la seule vérité sans alternative. Assez de cette arnaque qui dure depuis trop longtemps, retrouvons l'intelligence et le combat.

Oui, un combat, une lutte, une guerre, n'en déplaise à certain, c'est effectivement violent, parfois agressif, souvent belliciste comme une « mélanchonite ». Mais c'est une réponse à la violence de cette époque, la violence avec laquelle tout peut se retourner contre vous pour un impayé, un retard, un imprévu. La fragilité de nos ménages face à un os, une erreur, une connerie se révèle quand ça nous arrive et là, il ne reste presque plus que la solidarité, la famille, ces quelques mains qui se tendent encore quand on est au bord du trou. Combien tombe dedans sans pouvoir plus en sortir, le trou de la précarité qui se dérobe alors plus bas dans celui de l'exclusion... Cette peur nous la partageons tous, la trouille monstre de cette violence impitoyable de la vie sous le règne de la thune, du capital et du marché... Alors, violence et intransigeance en retour dans le discours, les exigences, le programme... Alors qu'attend-on ?

mercredi 21 mars 2012

Le marketing de la Révolution


La révolution est devenue un argument de vente, un trait attractif sans doute auprès des jeunes mais aussi des plus anciens nostalgiques.

Un jeune trader qui spécule sur les matières premières et affament les pays pauvres du Sud peut facilement porter le week-end ou sous sa chemise un tee shirt à l'effigie de Che Guevara. C'est fun, c'est tendance. Sait-il seulement qu'il est le théoricien de l'insurrection des peuples face à l'oppression des dictateurs et des capitalistes ? Un jeune soldat américain porte, lui, l'étoile rouge sur son casque quand il envahit l'Irak rappelant ainsi les soldats de « Full Metal Jacket » qui inscrivait « Peace & Love » sur leur casque en pleine guerre du Vietnam...
Certains produits sont associés dans l'esprit plus que réducteur et caricatural des publicitaires et marchands à la révolution et la dissidence. Le meilleur exemple, c'est le tabac. La clope est peut-être devenue le moyen d'assouvir (et d'éteindre) les envies de révoltes des masses populaires. Ainsi, de nouvelles marques s'imposent-elles rapidement avec des images du Che, une fois de plus, ou des noms fondamentalement populos comme « Pueblo » comme un vieil écho du slogan hurlé dans les manifs et les émeutes « El pueblo unido jamas sera vencido » (Le peuple uni ne sera jamais vaincu...). Le tabacco, la drogue du populo.
Les lois du marketing ont même contaminé les révolutions qui bouleversent les Etats totalitaires, les peuples qui se soulèvent par le biais d'une nouvelle tendance des dix-quinze dernières années. C'est ce qu'on appelle la « ONGisation ». En effet, l'Occident dominateur ne pouvait continuer à manipuler les peuples comme dans les années 1970/1980. Revoyez les films tels que « Salvador » ou « Missing ». A l'époque, les services secrets et les armées des pays riches, surtout les USA, provoquent des coups d'Etat violents contre des progressistes ou des gauchistes élus démocratiquement pour y mettre des marionnettes de tyran, de dictateur. Aujourd'hui, il faut plus de subtilités pour la manipulation des pouvoirs de ces pays-là avec une apparence de légalité voire de légitimité.
D'où des ONG (organismes non gouvernementaux). On pense tout de suite à de l'humanitaire, à de la défense des droits humains quand on pense ONG. Mais c'est aussi un fourre-tout où se dissimulent des organisations influençant les devenirs de pays en plein changement. Dans une forêt aux embranchements multiples, le Département d'Etat américain ou des millardaires, des partis politiques ou un église se créent des bras pour l'action immédiate avec l'alibi objectif de l'ONG. En fait, il n'en est rien, bien sûr.
Derrière ces aides parfois conséquentes, il y a un embrigadement dans une politique, un Dieu, une domination acceptée. La récupération est tellement plus facile quand un pays est à genoux. Suite aux tremblements de terre, aux tsunamis, etc., on voit toutes ces missions religieuses évangéliques ou autres offrir leur aide. Admirable mais comment ne pas y voir le calcul d'endoctrinement, de prosélytisme évident de cette action. C'est du tout bénef. Les missionnaires ont l'impression de faire l'oeuvre de Dieu, tandis que les hauts gradés savent que les convertis suivront naturellement...
L'un des cas les plus parlants, c'est celui du milliardaire américain George Soros. Il entretient un bon nombre d'organisations philanthropiques, y dépensant en 2002, par exemple, plus de 2 milliards de dollars ! Grâce à sa fondation, à sa « Open Society Institute » (OSI), à l'arrosage en millions de « Human Rights Watch », il étend l'influence de ses choix, de ses préférences voire carrément de ses visions d'avenir sur des régions entières... Ainsi, Soros a pris comme principale mission de faire passer toutes les anciennes démocraties populaires de l'Est de l'Europe sous giron de l'URSS vers le consensus de Washington à savoir la démocratie de marché tout puissant, l'Etat néolibéral. Il suffit de regarder la carte des interventions de l'OSI entre 1985 et 2008 pour se convaincre de cette prédominance d'intervention sur le globe.

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Etant donné la répétition d'une même recette par pays basculant dans le « paradis du marché », très vite, le marketing de la révolution va créer toute une méthode, un « kit » de la révolution réussie surtout dans un angle médiatique, de comm' et de relations publiques internationales. Un documentaire d'Arte donne la pratique récurrente, répétée à travers les pseudo-révolutions des années 2000. En 2000, Belgrade. En 2003, Tbilissi. En 2004, Kiev. En 2005, Bichkek... [ Et plus récemment, la manipulation en faveur d'Alassane Ouattara en Côte d'Ivoire, le frais président ancien du FMI (Fonds Monétaire International – c'est dire si il est néolibéral) qu'il fallait à la tête du pays africain plus que le gauchiste light Gbagbo] . Les mêmes ingrédients à chaque fois. Un logo efficace. Un nom de mouvement coup de poing. Un slogan qu'on retient immédiatement. Et puis la révolution ramenée, résumée à une couleur ce qui permet d'uniformiser (assez flippant d'ailleurs) tous les manifestants dans cette même couleur. Derrière, les capitaux de Soros, en plus d'avoir fait venir le formateur de la parfaite révolution sans violence qui va « façonner » essentiellement la jeunesse aux idéaux néolibéraux, paieront les tee-shirts de couleur, les tentes et les boissons chaudes pour les occupations de place voire les accessoires qui marquent les esprits dans les images qui tournent ensuite à travers la planète (ex : la rose...). La révolution esthétisée, glamour bref marketée...
La distribution de capitaux permet une influence politique sur les ONG qu'on croirait au-dessus de toute propagande ou soupçon. Et pourtant... Quand George Soros arrose Human Rights Watch, à la base respectable organisation « droitdel'hommiste », celle-ci alors se penche plus volontiers sur les pays les plus gênants pour les USA, en particulier pour les néoconservateurs ou les vendeurs de canon. Plutôt s'acharner sur l'Iran que sur une dictature plus amicale avec le gendarme ricain et ses sbires européens du monde. De même, plus près de nous, Reporters sans Frontière connaît ce même travers depuis quelques années en étant particulièrement intransigeant, outrancièrement vigilant sur des pays de gauche radicale comme Cuba ou le Venezuela, quitte à raconter n'importe quoi ou véhiculer des rumeurs infondées de la droite-ultra locale. Et quitte à oublier d'autres dictatures plus sanglantes au passage. On ne s'étonne pas alors de trouver des fonds dans l'ONG provenant du département d'Etat américain par le biais d'USAID ou, pire, de l'oseille venant des extrémistes de droite anticastristes à tendance terroriste des USA, des types dont le portrait de leur organisation fait froid dans le dos dans le film-dossier « JFK » d'Oliver Stone ou dans la trilogie de Ellroy...
Mais leur maîtrise, leur emprise de la Révolution est loin d'être totale. Car, sans doute en enchaînant successivement trop vite et trop systématiquement des changements en quelques années, cette pratique de la révolution tendance publicitaire et calculée n'a-t-elle pas permis (bien malgré elle) le vent du printemps arabe qui a emporté des dictateurs qu'on disait indéboulonnables. Un peu comme si la machine bien huilée s'était rebellée contre ses créateurs. Puisque les tyrans detrônés étaient protégés et puisqu'ils permettaient le contrôle fragile de pays arabes face aux brasiers palestinien ou irakien. Les amis dictateurs Ben Ali, Moubarak ou même finalement Khadafi sont tombés dans des mouvements au départ ressemblant aux préceptes des ONG téléguidées puis dérivant parfois vers une militarisation et la guerre civile.
Espérons qu'ils auront compris que la révolution, la révolte d'un peuple ne sont pas des choses récupérables par le marketing, la marchandisation. L'insurrection est bel et bien un droit fondamental des peuples à se soulever contre l'oppression. Un droit né de la dignité, de la résistance, de la souveraineté, de l'indépendance. Des valeurs qui ne rentrent pas dans les cases du capitalisme, lui, qui fonctionne (en vacillant souvent) dans la frustration et la résignation de la masse consommatrice...

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