Lundi 2 mars 2026

Bombardements de Lille (Nord) par les obusiers du duc de Saxe-Teschen,  présence de l'archiduchesse Christine, camp autrichien, début octobre 1792.  90ème tableau, planche 6 de la Galerie Historique ou Tableaux des événements



Désormais 2+2=5, qu’on se le dise 2+2=5…


La guerre, c’est la paix. Et les antifascistes sont des fascistes. Peut-on vraiment toutes ces couleuvres ? De plus en plus grosses ? Jeudi 26 février dernier, en Allemagne, le tribunal administratif de Cologne décrète que les extrémistes droitards de l’AfD (Alternative für Deutschland) ne sont plus d’extrême droite. Que ce mensonge, cette réécriture politique soit fait dans ce pays, avec son passé tragique, laisse pantois et inquiet. On en est là. L’extrême droite n’est pas l’extrême droite. 


Ainsi les guerres sont-elles déclarées et menées pour la paix. Les guerres ont leur service de communication pour raconter l’inverse de ce qu’il se passe ou nous faire avaler l’impossible et l’impensable. La guerre, qui débute le week-end dernier où l’alliance américano-israélienne attaque la république islamique d’Iran, nous est présentée avec l’objectif de faire tomber le régime, assassin de son peuple, mais avec des bombardements. On peut avoir du mal à comprendre le dispositif, la stratégie pourtant c’est la version officielle de cette guerre. Samedi une école de filles à Minab a été frappée causant la mort d’une centaine d’élèves. Dimanche, c’est l’hôpital Gandhi qui était bombardé. Une guerre pour la paix, donc, avec des bombes stratégiques pour faire tomber le pouvoir. C’est la comm qu’il faut avaler. Et 2+2=5.


Manipuler les mots pour désamorcer la puissance du langage. A force de dire n’importe quoi. A force du tort et à travers. Emmagasinons-nous les informations, les drames, les infamies et les scandales sans plus vraiment nous offusquer, nous mobiliser, nous révolter ? 


Une nouvelle guerre, un nouveau front qui en quelques heures s’étend, escalade vers le format mondial. La diplomatie Trump est carrément devenue celle de son homonyme Donald de chez Disney. Sur un coup de tête, selon une stratégie de bourrin à un coup dont personne n’est dupe. Les armées américaines et israéliennes ont, nous dit-on, « décimer le sommet du pouvoir militaire et religieux à Téhéran, ». Religieux ? Ces deux armées ultrapuissantes et ultra bellicistes seraient-elles parvenues à tuer un Dieu ? Ils seraient capables de nous le vendre. Avec un bon publiciste.


Trump joue aux petits soldats dans un bac à sable rempli d’essence. Mais inconscient, le gars. Réaction à trois militaires américains qui ont perdu la vie : « Il y en aura d’autres, sûrement avant la fin. C’est comme ça. » D’un jour à l’autre, on passe d’un passage à la discussion à une guerre qui va durer, l’improvisation totale et décomplexée. Le mec fait une partie de Risk avec le monde réel. Il a cru qu’il suffisait de bombarder pour changer le régime et nous faire avaler cette idiotie. Et reprendre par tous les moyens les rênes de l’information quitte à frapper des villes et des civils avec des objectifs lunaires.


Les bombes ne sont pas « chirurgicales ». Ces frappes posent aussi, dans toutes ces morts collatérales, des représailles à retardement, des envies de vengeance viscérales et patientes. Le recul du point de vue de l’historien le répète mais pour le comprendre, il faut réfléchir et lire. Tout ce que la diplomatie Trump ne fait pas. Surtout à cet endroit névralgique du monde actuel. C’est une diplomatie d’extrême droite dans toute sa splendeur ignorante avec culte du chef qu’on suit aveuglément. En décembre, le secrétaire à la défense disait alors qu’intervenir militairement au nom de la démocratie c’était « de la moralisation « woke » ». Et puis finalement, ils partent à la guerre car le chef a changé d’avis. Sur un coup de menton.


« Il y en aura d’autres. » Les soldats comme de la chair à canon sans aucune pudeur. Pour le chef, ce ne sont que des petits pions sur le plateau de jeu. Il n’y a pas de plan, on verra. La stratégie à la Donald c’est « vous avez vu ? Vous vous y attendiez pas à celle-là, hein ? » C’est tout. Il voit que tout le monde reste coi et ne comprend rien. Ca doit le faire marrer.  

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