Vendredi 27 février 2026

Cernés que nous sommes par l’ignorance et l’obscurantisme.
C’est enfin la fin mais, oui, Rachida Dati a bien été ministre de la culture, c’est bien arrivé. Elle aura tenu pas mal de gouvernements différents en si peu de temps. Elle a été nommée en janvier 2024. C’est tout un symbole de cette époque, que ce triste, peu recommandable et incompétent personnage soit en charge de la culture de la France. Ce pur produit de Sarkozy fut le gardien des arts et de la création.
Bilan de Dati ? Un mépris du spectacle vivant à tel point qu’elle ne mette pas un pied au festival emblématique d’Avignon. Pour ce qui est des vieilles pierres de nos contrées, une baisse de 24% de crédits au patrimoine. Son bilan, c’est du vent et beaucoup, beaucoup de com, d’effets d’annonce. Mais à faire que de la com, elle finit par trainer le bad buzz qui colle : un cambriolage au Louvre. Echec dans sa réforme pour un mastodonte discount de l’audiovisuel public également.
Rachida Dati ministre de la culture, ce sera surtout moins d’argent partout en fait. Et puis l’agressivité et la menace. Contre les médias du service public, ceux qui critiquent encore un peu. Une continuité du style de son mentor Nicolas. Tout en prétendant oeuvrer à la protection d’une information de qualité, sans rien de concret, il lui fallait surtout une information, des journalistes bien dociles et soumis. Elle avait fait son plus gros coup de com et de vent dès le début de la prise du ministère en toute humilité : « Quand je vous quitterai, vous ne pleurerez pas, vous m’applaudirez. » Applaudirons-nous vraiment ce petit courant d’air teigneux ?
Il y a des personnes, à contrario de Dati, qui peuvent apporter des clés, des chemins vers plus de lumière, de clarté, d’intelligence pour lire le monde. Marie NDiaye est une écrivaine nous donnant ces clés. C’est à l’occasion de la publication en Quarto réunissant plusieurs de ses oeuvres que la vision d’ensemble permet de comprendre deux fondements pour plus d’intelligence face à l’obscurité générale.
La première de ces lanternes est que la lutte, le combat, c’est toujours contre la domination. Les rapports de domination sont l’objet de révolte, peu importe où, quand, comment. Que ce soient la tyrannie, la domestication, l’emploi, la subordination, l’ascendant genré/sexué, la supériorité matérielle, etc. C’est la base de l’injustice. La plus belle raison du passage à l’action. Il faut bien identifier cette domination, la révéler où qu’elle se cache, se masque afin de résister et oeuvrer toujours à la démolir.
Et puis, une autre des luminosités des livres de NDiaye est dans le détail du premier mot de la première page. A débuter le récit par « mais », « et », « oh oui, bien sûr », elle nous fait comprendre que le récit à commencer bien avant, qu’on le prend en cours, que pour comprendre cette histoire, il y a bien des choses importantes que se sont passées auparavant, toujours, à chaque fois. Il s’agit d’un détail tellement éclairé pour toujours comprendre le monde. Tenez, l’attaque du 7 octobre 2023 n’est pas le début du narratif du conflit israélo-palestinien. Ou encore, la Russie n’a pas subitement envahi l’Ukraine sur un simple coup de tête. Il y a toujours bien des évènements antérieurs qui mènent à ces pages d’Histoire. C’est cette deuxième clé que s’acharnent à perdre, à ne pas donner surtout les chaines d’information continue…
Cernés que nous sommes par l’obscurantisme.
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