Jeudi 26 février 2026

Cernés que nous sommes par les idées nazies.
En Italie, les flics sont agressifs contre les populations ghettoïsées d’origine marocaine ou égyptienne dans des quartiers pauvres de Milan. Ils finissent par tuer dans des circonstances qui rappellent les policiers français. Course poursuite non nécessaire mais mortellement dangereuse de jeunes de ces quartiers. En novembre 2024, Ramy Elgaml, par exemple a été tué par les carabiniers qui jouaient à Jason Bourne.
Après tout, en Italie, l’extrême droite est passée. Alors on se lâche sur les stéréotypes, le portrait robot du jeune de banlieue à haïr, celui qui parle pas comme il faut et se reconnait à ses habits, son attitude et sa couleur de peau. A la fois délinquants, islamistes, fans de rap et de sneakers, etc. Tout y passe. Les flics italiens se permettent d’exprimer leur haine, leur racisme dans une impunité autorisée par un retour tranquille du fascisme dans sa maison-mère Italia.
La réalité des faux témoignages et la menace sur témoins gênants arrivent encore à percer. Mais pour combien de temps ? Un policier a abattu de sang froid un jeune dealer dans un terrain vague de Milan. Comme ça, sans même la légitime défense pour excuse. Des commerçants interdisent l’entrée et le service à « ce type de population ». Ambiance racisme décomplexé à l’italienne. Les milices fascistes pointent le bout de leur nez par des citoyens haineux motivés. C’est que l’ultradroite de Giorgia Meloni est au pouvoir…
Les partis néofascistes sont La ligue du Nord de Matteo Salvini et Fratelli d’Italia de Meloni. Les yeux fermés, la haine au coeur, ces politiques soutiennent des policiers bourreaux et pourris jusqu’à l’os. Jusqu’à ouvrir des cagnottes pour les aider. On soutient coûte que coûte des cow boys violents et complices dans le trafic. Les yeux fermés et la haine au coeur.
Au Brésil, l’assassinat de Marielle Franco et de son chauffeur, criblés de balles en mars 2018, révèle l’action de la pensée de l’ultra droite. Marielle était conseillère municipale de Rio et militante noire LGBTQI+. Une des cibles préférées des nazillons. La justice commence tout juste à faire son travail. Y arrivera-t-elle ?
Ce serait un ex-député et son frère, haut-placé, les Brazao, qui auraient commandité ce meurtre sauvage. Marielle Franco était un obstacle dans leur organisation criminelle immobilière comprenant, là encore, des milices avec d’anciens policiers. Huit années et un changement de gouvernement auront été nécessaire pour qu’un bout de la vérité éclate.
C’est monnaie courante au Brésil. En 2023 et 2024, cinquante cinq militants pour les droits humains ont été assassinés. La plupart impunis. Marielle Franco était femme, noire et pauvre. Autre cible de choix des esprits malades de droite. Ça devait passer comme une lettre à la poste. Mais le pays a réagi. Lula, revenu au pouvoir en 2023, a réagi. Une faible note d’espoir. Mais un nouvel exemple qui montre comment les idées nazies se déploient avec le crime organisé et des milices haineuses.
La mouvance d’ultra droite française est devenue tentaculaire en France. Il a fallu des réseaux et des alliances pour réunir ce mouvement si triomphant ces derniers jours. Entre les héritiers de Pétain, les anciens de l’Organisation armée secrète (OAS) nostalgiques de l’Algérie française, les catholiques traditionalistes, les libertariens défenseurs de l’Occident, il fallait installer des liens et des idées forces bien nauséabondes. Ca a longtemps foiré pour notre plus grand bonheur.
Mais c’est l’empire Bolloré, ce fou de Dieu, qui va changer les choses. Sa galaxie média rend la grande alliance de l’Axe possible. Un Axe comprenant enfin le patronat français qui revient vers ses amours avec l’extrême droite comme au temps de Vichy. Ce nouveau carnet d’adresses pour le Rassemblement National (RN) et ses alliés, on le doit beaucoup à Sébastien Chenu, ancien de la droite passé au RN, ancien collaborateur d’élus et de ministres, avec son pote Jean-Philippe Tanguy, diplômé de l’Ecole supérieure des sciences économiques et commerciales (ESSEC). Ils sont partis de la base en sympathisant avec les organisations patronale des petites et moyennes entreprises. Sophie de Menton a alors également joué son rôle d’entremetteuse entre RN, Zemmour et petits patrons.
Il a fallu que le RN montre patte blanche : plus d’abandon de l’euro, de retraite à 60 ans dans le programme. Le patronat trouve l’extrême droite alors plus fréquentable. Il faut dire que la menace La France Insoumise (LFI) pour les détenteurs du capital finit de souder l’Axe. Depuis quelques années, Marine Le Pen fait des repas avec les grands patrons : Henri Proglio (ancien PDG de Veolia et EDF), Eric Trappier (PDG de Dassault), etc. Le réseau s’étend.
Dans l’administration, la mouvance se répand également. Souvenons-nous de la recrue au RN de Fabrice Leggeri, normalien, énarque, passé par la direction de l’agence européenne Frontex où il facilitait les refoulements de migrants contraires au droit international. Depuis 2024, Leggeri est élu RN au Parlement européen avec Bardella. Chez Marine Le Pen, le retour d’un Etat fort n’est pas vraiment une défense du service public mais plus un moyen d’instaurer un ordre antirépublicain et militarisé. L’armée et la police étant, bien entendu, dans sa poche en majorité. Avec le travail préparé par les macronistes, il prépare ainsi la neutralisation des principaux obstacles à cet ordre totalitaire : mettre au pas les contre-pouvoirs : cours européennes de justice, des droits de l’homme et même le Conseil constitutionnel.
Tout se met en place. Nous sommes cernés.
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