Une traversée du Buffyverse - Saison 1 épisode 10

Buffy Saison 1 épisode 10

« Billy » - (Nightmares)





Le processus du monstre de cette semaine reprend la logique de Freddy Krueger dans les Griffes de la Nuit. Les attaques se font à travers le monde des rêves. Toutefois, les personnages de SunnyDale n’ont, eux, pas besoin de dormir pour être attaqués par une incarnation de leur plus grande peur. Ce qui est le plus malin, c’est ainsi, creuser les caractères des principaux protagonistes, leur passé, leurs secrets. 


Comme le montre le premier cauchemar de Buffy dans la scène d’entrée de l’épisode, elle craint le face à face avec le maître de la bouche des enfers, dangereux et pourtant inévitable destin de la Tueuse de vampires. Mais aussi subir cette image cruelle de blonde décérébrée confortée subitement par contrôle d’histoire pas préparé où le temps défile juste le temps de tailler son crayon. Mais surtout ce qui parait le plus effroyable, ce sont les retrouvailles fragiles avec son père. Fille d’un couple divorcé, Buffy va vivre le cauchemar traumatique de cette condition d’enfant se sentant responsable de la destruction de la structure familiale idéale. Une des scènes centrales de l’épisode est, en effet, l’absolue terreur de ces enfants lorsque le père de Buffy lui explique la véritable raison de la séparation, à savoir, elle, la mauvaise fille, bête et décevante. Sarah Michelle Gellar joue ce cauchemar traumatique avec une certaine justesse. Le dernier cauchemar est celui, pour la Tueuse, de devenir vampire. Et on sent que c’est un kif pour l’actrice d’avoir l’occasion de porter à son tour le maquillage emblématique de la série.


Les cauchemars des autres personnages sont assez attendus mais permettent des bons gags, des situations tordantes. Cordelia la fashionista se retrouve avec un look has been des 80’s alors bien ringardes (c’est marrant, ça a bien changé depuis) et embarquée de force dans le club d’échecs des geeks du lycée. Willow face au regard d’une salle de spectacle pleine de public pour interpréter une pièce d’opéra et ne faisant que couiner, humiliée. Xander fait face à des situations cocasses : tout à coup en caleçon dans la classe ou devant affronter la peur traumatique de ses six ans : un clown tueur au rire diabolique. Giles se perd dans sa bibliothèque, ne sait plus lire mais surtout se retrouve face à la tombe de Buffy Summers (1981-1997) alors que la protection de l’élue était la mission de sa vie. 


Le monstre de la semaine est le « uggly man » d’un môme base-baller dans le coma, martyrisé par son coach. La résolution est plutôt bancale, pas claire. C’est cet enfant endormi qui créait donc ces projections astrales comme un appel à l’aide. Pas tout compris. Le boogyman fait référence à Freddy Krueger lui-même avec une même tête de brûlé et sa première apparition dans le sous-sol du lycée pour matraquer une jeune fille qui a le vice de fumer renvoie évidemment au film de Wes Craven. Ce scénario fourre-tout permet pas mal de références cinématographiques d’ailleurs comme le clown tueur frère de Ça. Ou encore la main de Buffy surgissant de sa tombe depuis la terre pour saisir la main de Giles qui cite la scène finale de Carrie au bal du diable de Brian de Palma… Le maître Stephen King n’est pas loin naturellement. 


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