Une traversée du Buffyverse - épisodes 1,2 et 3

Une mini introduction avec voix de bande annonce rappelle à qui s’en souvient que Buffy est une série dérivée d’un film. Aujourd’hui, c’est purement anecdotique. Mais pour les puristes, le personnage d’élue chasseuse de vampires existait déjà. Un rappel donc qui introduit le pilote.

La scène de pré générique est simple et efficace. Elle dit aussi le ton et une certaine intelligence dans ses atours de programme adolescent. Car, ok, on est dans de l’horreur dans un lycée mais on va le faire bien avec malice, humour. Et surtout on va utiliser ce véhicule balisé et séducteur pour dire des choses plus lumineuses. Et pas seulement sur la jeunesse.

Ainsi, cette scène présente les lieux du lycée de Sunnyvale vides et en pleine nuit. C’est toujours malin. Puis une scène se joue comme dans les slashers des cinémas drive in US dans laquelle un couple de parfaits teenagers entrent par effraction dans l’établissement pour aller faire la chose sur le toit. Le mec lourdingue fait le forcing sur la belle apeurée. Le suspense s’installe… et c’est elle qui s’est transformé en vampire pour bouffer le lourdingue. Le ton est donné, la série osera un peu plus et ce, pour donner du sens à son récit, en jonglant avec les stéréotypes. Et dans Buffy, le vrai visage du vampire, c’est ce maquillage vintage mais qui garde son charme. Il fait quand même suffisamment bader.

Dans cet épisode pilote en deux parties, il y a la présentation des personnages aux allures de clichés. Alexander serait-il le skater bas du front, Willow l’intello book smart et Cordelia la splendide superficielle toxique ? Bah au premier abord, oui, et le bibliothécaire a le langage soutenu avec l’accent British. Le format série va permettre de gratter, de développer et de compliquer tout ça. 

Si Buffy est la slayer, Giles est son observateur. Et la bibliothèque du lycée sera un peu le QG. Et elle a de la gueule cette bibliothèque, joli décor. Il y a quelques principaux lieux et toute la série s’y jouera principalement, en tous cas dans ses premières saisons. On voit très souvent ce qu’il se passe dans les bas fonds obscurs, à proximité de la Bouche de l’Enfer qui se trouve en fait dans ce petit patelin californien. C’est comme ça. Chez ces méchants, on est très méchant et les plans concoctés, les prophéties annoncés et les maîtres se succédant, tous, diaboliques. 

C’est un monde où on ne se confie pas aux adultes, des parents, des profs, des flics, tous, ne croiraient pas ces jeunes dont la responsabilité récurrente de sauver l’humanité est secrète. Tout un symbole qui parle à toutes les jeunesses de toutes époques. 

Pourtant, Buffy à la patine de son époque. Et on le comprend à travers un autre lieu très important et où se jouera beaucoup de climax, à commencer par le pilote : cette étrange boîte Le Bronze. La, on se rend compte que 1996 était une année étrange. Une année de transition sans doute, une année de recherche perpétuelle artistique. Ainsi les filles vêtues comme Britney ou les Spice Girls kiffent aller danser dans une boite qui donne dans le rock surfer voire le grunge désespéré aux accords lourds. Cordelia de se précipiter sur la piste lorsqu’elle entend le premier accord d’un morceau franchement heavy dark pour aller faire des pas de danse discothèque. Bref, on se cherchait en 1996.

Il y a un personnage joker dans Buffy, c’est Angel. Beau et mystérieux. Un regard plein de poésie et de malice comme aux premières heures de la star Christophe Lambert. Vraiment, il y a de ça dans un look gothique.

Dans ces trois premiers épisodes, il y déjà de l’humour qui fait mouche, des punchlines excellentes. Buffy évoquant sa première difficile décapitation de vampire avec un couteau Suisse. Ou le meilleur pote de Xander devenu vampire appréciant ce nouvel état auprès de son pote en affirmant « j’entends les vers sous la terre, man ! ». Ou encore, l’épisode 3 sur les auditions pour cheerleaders avec ce classico « this girl is on fire ! » alors qu’elle brûle littéralement. 

A la fin de l’épisode double pilote, tout est en place, l’équipe est composée et on part dans un format « Monster of the week ». Alors l’épisode 3, ce sera une sorcière dans le monde impitoyable des cheerleaders. Avec ce plus bien appuyé de pointer de véritables problèmes souvent dramatiques pour la jeunesse. Ici, l’obsession du physique, du poids. Et la pression parentale toxique. A travers cette métaphore fantastique d’une mère ayant réellement pris la place, le corps de sa fille. Un Evil Freaky Friday. Et que la sorcellerie se fasse sur des poupées Barbie rend le tout vraiment pertinent et intelligent. Puis cette conclusion avec cette punchline truculente résumant le cheerleading « cette stimulation intellectuelle afin d’épeler les mots avec les bras »…


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