Signes des temps - épisode 3
John Oliver avait
terminé l’année 2016 en faisant un clip démentiel avec desguests et moult effets spéciaux baptisé « Fucking 2016 ».
Dans la presse, cette année est souvent appelée « Annus
horribilis ». Oui, c’est vrai Trump a été élu. Les
journalistes y ajoute systématiquement le Brexit. Et pourquoi pas
les attentats et le dernier tube de Keen’V pour atteindre
l’horreur. Mais l’horreur est une question d’angle de vue. Et à
part les attentats, ce sont les choix du peuple. Un peuple perdu,
sans doute, mais d’où naît cette confusion ?
Les médias
dominants sont heureux. Après tout, ils ont créé le phénomène
Macron, la MacronMania comme le met en une un hebdomadaire, de bout
en bout. Pour nous, le peuple, M. Macron représente tellement peu
d’espoir en réalité malgré les beaux articles et éditos
emportés des journalistes « respectés ». J’ai du mal
à lui accorder, moi, un acte positif, une position que je
partagerais. Allez, peut-être lorsqu’il fut un des seuls ministres
français à soutenir publiquement la politique d’accueil des
réfugiés de la chancelière allemande Mme Merkel. Mais sinon, le
nouveau président est bien un ambassadeur de cette classe
dirigeante, protecteur des puissants économiques et financiers.
M. Hollande a trahit
ce qu’il restait de gauche dans le parti socialiste. Lors de son
quinquennat, il s’est appliqué à tout détourné, à taper sur le
peuple, à servir les plus favorisés. Les belles promesses de
campagne n’étaient que des attrape-couillons. Pas une minute, il
ne pensait ce qu’il annonçait dans ses discours fougueux. Il a
maintenant atomisé son parti. Mais sa retraite s’annonce bien.
Pendant 5 ans, il garde 7 collaborateurs et 2 agents de service.
Puis, les 5 années suivantes, il conservera 3 collabos. Le train et
l’avion seront toujours gratuits. Son logement payé. 6 000 euros
par mois continueront de tomber. Certains retraités ne verront
jamais leurs privilèges menacés apparemment par le serrage de
ceinture de l’austérité.
Quand le FN parlait
de UMPS pour dénoncer la proximité idéologique entre les deux
(ex)principaux partis, il tapait assez justement. D’ailleurs,
Bourdieu l’avait analysé bien avant l’extrême droite en parlant
des anciens étudiants comme Royal ou Hollande qui avaient choisi la
gauche socialiste comme on prend au hasard une option. Sans véritable
conviction, ils se positionnent seulement par ambition. Ce faux
bipartisme se perpétue. Et ce n’est pas la poudre de perlimpinpin
La République en marche (LREM) qui change quelque chose. Prenez le
Premier ministre Edouard Philippe. Il était chez les Républicains
(LR) avent de rejoindre LREM. Mais il fut également dans le passé
« ancien rocardien » donc parti socialiste (PS). Ajoutons
qu’il disait de Macron en septembre 2016 : « Il a une
bonne tête mais il n’y a rien, c’est totalement vide ! »
Les retournements de veste à foison révèlent bien le théâtre, le
divertissement de la scène politique dominante où tous sont, dans
le fond des convictions, d’accord.
Centristes,
socialistes et républicains sont tellement proches des plus riches,
des puissants. Ils font partie des cercles, des clubs, invités aux
dîners. Faisant de continuels allers-retours entre les secteurs
public et privé. Gardons l’exemple de M. Philippe. Avec Macron, il
fut repéré dans les futurs dirigeants prometteurs par la
French-American Foundation et sélectionné pour le programme Young
Leaders 2011/2012. C’était après ces années 2007/2010 chez
Areva, chez qui il fut un redoutable lobbyiste du nucléaire.
La connivence. C’est
la règle d’or dans ce monde. Le vénérable couple Badinter avec
cette Elisabeth, fille du fondateur de Publicis et donc actionnaire
familiale de ce 3ème groupe mondial de la publicité, qui nous pond
des essais et des tonnes d’entretiens exclusifs sur la femme et la
famille. N’y aurait-il pas conflit dans les préconisations
d’Elisabeth ? Lorsque L’Obs fait le portrait du PDG de
Publicis, justement, Maurice Lévy, n’y-a-t’il pas connivence ou
au moins brosse à reluire de celui qui dirige pratiquement toutes
les annonces publicitaires dans le magazine ? Dans l’article,
Maurice, « ce grand capitaine d’industrie », a « la
silhouette élégante, au regard charbon et au charisme hors norme ».
Il réussit « par son flair, ses talents de gestion et son
savoir-faire commercial ». Quel distance journalistique !
Il faut dire qu’on apprend dans cet « article de fond »
que M. Lévy « est proche du nouveau président Emmanuel
Macron, qu’il a discrètement aisé à l’occasion ». Un
publicitaire qui a aidé le président marketé en diable, voilà,
entre les lignes, le seul scoop du papier…
Cette proximité des
politiques et des puissances de l’argent explique aussi que rien ne
soit fait contre les algues vertes tueuses en Bretagne. Bilan du
massacre : 36 sangliers, des ragondins, un cheval et 3 hommes.
Les terribles plantes aquatiques crachent de l’hydrogène sulfuré
(H2S). En 2012, pourtant, l’Institut national de recherche
agronomique (INRA) a confirmé au gouvernement que ces assassines
algues étaient dues aux 75 000 tonnes d’azote que l’agriculture
intensive locale déverse dans la Manche chaque année. Mais inaction
et loi du silence règnent dans les couloirs des décideurs sur le
sujet. Le pouvoir économique a le dernier mot mais jusqu’à quel
limite du décompte macabre ?
Où s’arrête le
journalisme critique et d’investigation face au fric ? Le
magazine Quotidien de Yann Barthès nous répond le jour où il
reçoit Tom Cruise dans l’émission de TMC. On éteint l’esprit
critique et on sort la brosse à reluire. Trop d’audience en jeu,
trop de sous en jeu. On aurait aimé entendre M. Cruise sur les
origines du monde quand il y a 75 millions d’années Xenu,
dictateur et empereur galactique, a colonisé la Terre. C’est la
version Scientologie par le gourou Ron Hubbard de la naissance de
l’humanité. L’acteur hollywoodien de 49 balais est déjà au
grade ultime de la secte. On dit qu’il est maintenant Thétan
Opérant niveau 8 (OT8) qu’il est donc capable de bouger les objets
à distance (télékinésie), éternel (donc peu importe son âge) et
toujours empli d’essence (aucune fatigue, toujours en état de
grâce). En bon journaliste, on aurait aimé en savoir plus sur ces
nouvelles capacités mutantes humanoïdes.

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