Gouvernement de gauche, mon cul !
Il reste sans doute
certaines personnes pour croire que le gouvernement, voire même le
parti socialiste, est de gauche. Par naïveté, ils seront alors
déçus. Ou bien conscients, ils approuvent le virage à droite.
Parce que la gauche, ce sera toujours la lutte des classes du côté
de ceux qui triment, qui sont exploités, qui luttent contre les
possédants, les patrons…
Alors, ceci étant
dit, le gouvernement actuel n'est pas de gauche. C'est cette fausse
gauche qui a trahit déjà en 1982/1983, qui a théorisé sa trahison
dans les années 1990 avec des Tony Blair et des Clinton en appelant
ça « la troisième voie ». Aujourd'hui, en France, elle
atteint un record dans la trahison des combats de sa base, le peuple.
Tenez, le pacte de
responsabilité. Des dizaines de milliards pour les entreprises sans
condition. La même politique que depuis des décennies mais en plus
massif. Une politique qui ne marche pas ou si peu, on le sait. Des
milliards qui serrent la ceinture du peuple, des plus démunis
souvent, des 99 % en général.
Concrètement,
mesures annoncées : Pendant huit ans, les postes de
fonctionnaires ne seront pas renouvelés, en plus de 300 000 postes
supprimés, on ne pourra s'étonner que le service public déraille
toujours plus. Des fonctionnaires qui vont vivre le retour aux 39
heures.
Les arrêts maladies
et les transports de malades réformés, comprenez pratiquement plus
remboursés. D'ailleurs, dans les objectifs, l'alignement des tarifs
des hôpitaux publics sur ceux du privé va permettre de faire de la
santé un luxe.
Cotisation plus
longue au travail pour des allocations chômage plus dégressives.
Suppression des prêts à taux zéro dans l'immobilier. Disparition
progressive de la prime pour l'emploi.
La fonction publique
qui était le labo des progrès sociaux à la base pour tracter le
secteur privé vers du mieux, va a présent goûter aux jours de
carence pendant ses arrêts.
Et des mesures à
peine maquillées vers la suppression de l'intermittence du
spectacle, la privatisation des retraites et de toute mutualisation
publique, etc.
Avec Valls, ça se
décomplexe sur ce virage libéral. Il appelle ça le « réalisme
économique ». Sous entendu, tous les autres sont des rêveurs,
des utopiques, des enfants que les « réalistes » doivent
ramener à la raison, rééduquer.
Alors le petit
maître bombe le torse et mène à la baguette et à la cravache. Il
vire les « gauchistes », des révolutionnaires déjà en
carton, Montebourg, Filipetti et autre Hamon. Affirmation de la
chicane, droite toute. Un banquier de chez Rothschild au ministère
de l'économie. Remise en cause des 35 heures comme horizon rêvé.
« J'aime l'entreprise » clamé façon Luther King devant
le Medef par le caporal Valls. Réécriture de la loi pour le
logement Duflot en faveur des locataires pour la mettre en faveur des
proprios.
Et ce mardi 2
septembre, le ministre du travail (« forcé et bien pourri »
apparemment) François Rebsamen demande à Pôle Emploi de renforcer
le contrôle des chômeurs. Là aussi, le plan diabolique était déjà
en place depuis un an. En effet, dans 4 régions, l'expérience du
flicage des chômeurs était appliquée. Questionnaire après
épluchage des dossiers douteux, contrôle des candidatures et des
réponses, interrogatoire et si chômeur trop suspect ou sans réponse
à ces agents spéciaux si sympathiques : radiation de 15 jours,
ce qui fout bien dans la merde, mais pas plus car sinon il faut
l'autorisation de l'inspection du travail…
Quelle différence
avec le pouvoir de droite précédent ? C'est même pire dans
pas mal de domaines. N'est-ce pas la principale cause du vote
populaire à l'extrême droite ? Le peuple est trahi et cette
gauche gouvernementale ne défend plus que les gens de son monde, les
patrons, les riches, les oligarques. Comment ne pas comprendre non
plus les théories les plus folles et paranos de complots d'une
poignée sur la masse impuissante ?
Je pense qu'il y
aura d'autres épisodes à ce sujet « gouvernement de gauche,
mon cul ! » puisqu'ils ne vont pas s'arrêter là, hélas.
Alors, à suivre…

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