Système mafieux de ces messieurs les politiques
C'est
fou ce que l'on peut entendre comme connerie se faisant passer pour
des analyses ou des réflexions par ces temps troublés de sales
affaires, de mauvais résultats et d'hypocrisies non assumées.
Autant dire que dernièrement ça a bombardé en termes de tissus
d'âneries et de malhonnêteté intellectuelle.
Prenez
ces jeunes loups de la politique de droite (autant dire du néant),
déjà secrétaires nationaux de l' U.M.P. qui signent une tribune si
idiote et haute dans l'escroquerie morale qu'on leur promet une
grande carrière dans leur parti. Ils ont cette fulgurance, ce trait
de génie collectif : « La question n'est plus de savoir
qui a raison ou tort ». Retenons ces noms de vainqueurs :
Maël de Calan, Enguerrand Delannoy et Matthieu Schlesinger. Dans
leur délicieuse et savante analyse parue dans le Monde, quand même,
ils mélangent dans une arrangeante tambouille les échecs du
gouvernement et les affaires puantes de leur parti pourri de droite
décomplexée, les dérives mégalos et paranoïaques du traître
Buisson et les courages des magistrats face aux caïds dirigeants
politiques à la Tony Montana dont la réplique favorite est :
« Non mais vous savez qui je suis ?!! ». Après
avoir touillé, dilué tous ces épisodes (technique de la noyade de
poisson ou de l'écran de fumée aveuglant), ils en viennent donc à
cette phrase cité plus haut, histoire d'effacer les responsabilités
voire les culpabilités par cette magie de bas étage. Ardoise
effacée, pratique, on fait comme si on repartait de zéro. Du grand
art dans la connerie puisque le grand Audiard avait décidément
raison : « Les cons ça ose tout, c'est à ça qu'on les
reconnaît ». Tous les moyens sont bons pour laver de tout
soupçon les cadors à caresser dans le bon sens des poils, Sarko et
Copé, et puis c'est un investissement dans l'avenir pour nos jeunes
loups aux cerveaux atrophiés.
C'est
vrai que dans ces cercles, dans ces univers, au sein de cette classe,
la question n'est effectivement plus là. Car, enfin, toutes ces
affaires, ces trafics d'influence, nouveau nom pour corruption, bref,
toutes ces magouilles, ça n'a rien de compliqué, de sorcier, de
savamment hermétique. Le schéma est simple quand on le résume
convenablement, c'est même lumineux. Je résume : on se
récompense des coups de main, des pistons, des contreparties. Les
deals, en grande partie, du mieux que l'on peut, sont verbaux, pas de
traces sur les agendas et les contrats. Pas vu, pas pris. Tu prendras
bien de ces avantages en nature : un boulot pour le petit, un
tableau pour le salon, à l'abri des yeux, du fisc. Vieux comme
Hérode ces montages entre gens de même condition. Et tous
connaissent la loi d'or, le silence. La ferme et tu seras toi aussi
affranchi. Nos avocats ont des piles de diplômes pour nous rendre
intouchables derrière des murs de procédures.
Ah
les affaires ! Tapie, Karachi, sondages onéreux à l'Elysée,
financement par Khadafi de la campagne Sarkozy 2007, Copé et son
agence de célébration et cotillons spécialisée UMP, Buisson et
son dictaphone désobéissant, etc. Les rouages de la justice
deviennent très lourds et se grippent sous les pressions politiques
et les copinages. Et pourtant, Karachi, on parle de morts, des civils
assassinés à cause des trafics, des magouilles au plus haut de
l'Etat. Combien d'années encore avant un jugement et, rêvons, la
vérité, enfin... C'est mafieux, pas d'autre mot. Un réseau, des
privilèges dans les familles et les copains, les coups de mains qui
se payeront plus tard, de la philo Don Corleone.
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