Communautarisme, trader et chômeurs taulards
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6H15
« Racisme anti-blanc »,
invention de l'extrême droite, repris par Jean-François Copé et
même par le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié
entre les peuples). Drôle de concept qui zappe le fondement du
racisme dominant sur dominés. Accusait-on les Black Panthers de
racisme anti-blanc dans leur combat ? Ou de communautarisme des
partis blacks luttant contre l'apartheid en Afrique du Sud ?
Voilà où se cache une fois de plus la
peur post-coloniale du toubab contre un monstre fantasmé de racisme
anti-blanc, monstre sans aucune grande formation le rendant puissant
et institutionnel... Faux nez aussi et surtout de l'islamophobie
ambiante jusque dans les rangs des plus bien pensants qui se disent
de gauche.
L'autre technique de langage de ce
racisme se parant du combat contre celui-ci mais envers le dominant,
qui serait menacé, c'est le fameux « communautarisme ».
On l'entend partout ces temps-ci. Par exemple dans Libération en
2003, Alain Duhamel : « Le voile islamique à l'école ne
constitue, cela va de soi, que le totem du communautarisme. »
Une majorité menacée par une minorité, minorité qu'il faut du
coup stigmatiser. Coup de force de langage et renversement du combat
du plus faible vers la défense du plus fort... Machiavélique quand
même.
Une fois de plus régression par un
simple concept, un simple mot qui en dit long. « Communautrisme »,
c'est toujours l'autre qu'on relie au « passéisme », au
« rétrograde », au « repli ». C'est le mal
et la menace. Renversement du ghetto des banlieues pour en faire du
communautisme volontaire voire strétégique de ces « populations ».
« Les prières dans les rues »
sont traitées dans les médias avec un alarmisme digne des films de
science-fiction débiles à la Emmerich. Ce serait compris comme un
stratagème, première étape d'un plan diabolique et immense pour
une « invasion communautaire ».
Et, si stratégie il y a, ce n'est
qu'en réaction au racisme, aux rejets, à la violence pour être
plus fort, plus écoutés... Ce qui, du reste, réduit les risques de
révoltes, de débordements, qui canalise dans une lutte légale et
calme face aux multiples provocations et bavures. Le communautarisme
permet, dans ces ghettos, de redevenir un individu comme les autres
plutôt que l'éternel étranger. Exister, être considéré. Dans la
même logique, les horaires non mixtes à la piscine, histoire de
n'être plus regardé de travers, stigmatisé.
Le communautarisme à combattre pour
les haineux est toujours accompagné du prosélytisme, à condamner
jusqu'à sa disparition pure et simple. Rêve d'une société
totalitaire sans affirmation de différence, d'identité, de
politique, de religion. Tous pareils, uniforme. Uniforme à l'école,
au travail, dans tous les espaces publics.
Ces haineux dénoncent-ils le
communautarisme des friqués ? Auteuil, Neuilly, Passy ?
Les grandes familles, les grands patrons, les politicards... vivent
ensemble, sortent ensemble, vont à l'hippodrome, se marient ensemble
grâce à des codes, des cooptations, des évènements ultra-select.
Ben non, pas là. Car dénoncer le communautarisme, au fond, c'est
« la métaphore du racisme respectable. » (Pierre
Tevanian)
8H30
Le capitalisme avait, parait-il, été
moralisé par Sarkozy suite à la crise des subprimes contre les
spéculateurs fous. Poudre aux yeux ! Aujourd'hui un trader a
acquis pour un milliard de dollars de titres sur Apple pour
« s'enrichir rapidement ». grâce à des transactions
douteuses. Indéboulonnable capitalisme financier.
11H30
Nous ne sommes pas si loin des pires
scénarios de science-fiction, finalement. En 2005, en Allemagne, le
ministre de la justice du Land de Hesse, pourtant centriste,
proposait l'idée de mettre des « menottes électroniques »
aux chômeurs, pour les « surveiller » et leur
réapprendre à « vivre à des heures normales ». On voit
comment ce brave homme imagine les sans emploi en général et on
imagine, nous, les prémisses d'une joyeuse société plus que
sécuritaire, pénitentiaire pour qui n'acceptera pas de se soumettre
au pire...

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