Le cauchemar libéral des années 80 : 1982



1 - Du modèle japonais au minitel, le futur nous veut du bien
En cette année 1982, on ne cesse de glorifier la réussite économique et technologique du Japon. Ainsi PPDA présente un journal de 20H depuis Tokyo et annonce qu'il s'agit de notre avenir pour notre pays. Exportations, compétition mondiale, toyotisme, technologie robotique et informatique. Le venin du néolibéralisme s'injecte toujours d'abord avec des modèles de pays étrangers qui sont des références à copier au plus vite et face auquel notre pays à immanquablement des années de retard. En France, on en fait des tonnes sur l'invention ultranovatrice, cocorico, du minitel. Sorte de matrice franchouillarde d'Internet local, le minitel lance aussi le métier d'avenir d'informaticien. Quand on sait qu'aujourd'hui les ingénieurs informatique, bac+5, sont aux ordres de commerciaux managers bac+2 avec des salaires de misère, on relativise l'optimisme béat de ces années-là.
Tube 1982 : Billy Idol - Dancing with myself

2 - Les années Pub !
Les années 1980 sont celles de la campagne de pub à budget faramineux. Les créatifs publicitaires sont considérés comme des artistes du nouvel ère alors que le portrait de Beigbeder dans "99 francs" est plus honnète. Tout le monde se met au spot délirant et exagérément cher, comme la RATP, pourtant publique, avec cette pub osant tout pour rendre le métro tendance. "Ticket chic, ticket choc". La marque de fabrique Goude qui s'impose partout, du clip des Rita aux grandes célébrations des années 80. Ce spot est une vraie mise en abyme de toutes les grandes marques qu'elle évoque pour rendre le transport en commun fun...

3 - Le début du tournant de la rigueur
Voilà déjà la trahison de la gauche qui se voit. Face à la crise, le gouvernement se tourne vers un fondement de droite : la politique de rigueur. Le printemps de la gauche aura été de courte durée. Première phase : le gel des prix et des salaires. Lors du grand meeting syndical, on ne sait comment réagir. Les dirigeants prèchent le "attendons pour voir", allant même jusqu'à reprendre les arguments typiques qu'on connaît bien "soyons réalistes, soyons modernes, c'est la crise, serrons-nous la ceinture..." Mais pendant le meeting, on sent que ça coince dans le fond, la base siffle, grogne sentant qu'elle va une fois de plus devoir payer.
Tube 1982 : Louis Chédid - Ainsi soit-il

4 - Dallas, la série impitoyable
Succès d'audience de la série ricaine diffusant le plus naturellement possible l'idéologie libérale pure : la loi du plus fort, la compétition plus fort que la famille, la loi du pétrole. Tout y est. Bien sûr, c'est sur TF1. Voici la scène de l'épisode qui fera le plus beau score en audimat : l'assassinat de J.R. Pour l'anecdote, la suppression du personnage le plus impitoyable de la série fera tellement chuté le nombre de téléspectateurs qu'au bout d'un certain temps les scénaristes oseront la pirouette scénaristique la plus débile jamais faite : en fait tout était un rêve de Sue Ellen...

5 - Suicide des plus belles promesses du cinoche
Comme une métaphore d'une époque politique pleine de promesses et qui va s'autodétruire en pleine gloire, les suicides de Romy Schneider et Patrick Dewaere se posent là dans cette année 1982. Deux acteurs incroyables dont les derniers films donnaient pourtant une idée du potentiel de talent et de grâce. Ils auraient pu élever le septième art à un niveau de folie mais leurs démons le rattrapent. Symboles en parfaite adéquation avec la politique de gauche, dont on attendait tant, mais qui, une fois au sommet, supprime ses idées, ses fondements...
Tube 1982 : Thiefaine - Lorelei

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