Spirale libérale

On aurait pu croire que le monde avait retenu la leçon de la crise mondiale économique et financière qui a touché toutes les contrées. Qu'un consensus sur le capitalisme libéralisé et mondialisé comme idée qui ne fonctionne carrément pas et qui plus est dangereux... Des milliers de chômeurs, de surendettés, d'expulsés de leur maison à crédit dans la rue, jusqu'aux affamés dépendant des cours des matières premières, nouveau jouet des finances mondiales libéralisées...
Bref il suffit de voir le bordel pathétique et général dans le monde pour se convaincre qu'il fallait bien passer à autre chose. Revenir par exemple à une économie mixte, capitaliste mais avec multiples interventions de l'Etat pour contrôler, limiter et redistribuer...
On en était quand même arrivé à un président français, champion du super-ultra-libéralisme, faisant un discours enflammé aux Etats réunis sur la nécessité de changer les règles, d'agir sur l'économie signifiant bien la page de la main invisible du marché auto-régulateur comme tournée.
Eh ben non... Tout est revenu à cette pensée unique sur l'économie et le social. A croire que les puissants ne connaissent que cette idéologie, bien ancrée dans leur matrice intellectuelle, et que les mêmes solutions, qui nous ont pourtant menés à une crise jamais vécue, sont de nouveau imposées, appliquées.
Politique monétaire, réduction des déficits publics (beaucoup plus causés par des cadeaux fiscaux depuis des décennies), compression salariale, destruction de dizaines d'emplois dans la fonction publique, austérité, détricotage des acquis sociaux car les sacrifices les plus importants sont ceux des plus pauvres, toujours, encore, etc. Ca en devient vraiment déprimant, décourageant.
Ca va tellement loin ce retour à ce qui va nous conduire de nouveau à un éclatement de bulle et une crise pire encore, que tout dernièrement le Prix Nobel de l'économie a été remis pour 2010 à 2 Américains et un Chypriote dont les travaux concernent le chômage et le retour à l'emploi. Dans une base théorique très libérale (offre et demande), les économistes récompensés nous font comprendre que si il y a tellement de chômeurs, c'est aussi et surtout leur faute. D'après ces branquignols, les offres d'emploi pleuvent mais les chômeurs touchant des allocs, ces assistés, sont devenus feignants et incapables. Il vaut mieux donc, si on suit ces travaux "lumineux", laisser les sans-emplois dans la merde comme un couteau sous leur gorge les obligeant à bosser, quitte à devenir balayeurs ou ramsseurs de crottes. On ne peut s'étonner que notre ministre de l'Economie, Christine Lagarde de s'empresser de réagir aux Prix en révélant que ces travaux ont été une grande inspiration pour elle. Ces économistes éclairés oublient (forcément volontairement) la délocalisation, le nombre bien moins important d'offres que de demande au total, les dumpings fiscaux et sociaux, etc.
En fait, sous les changements d'époque, de société, de noms, la lutte des classes est bien toujours la même. Les puissants, les dominants, les possédants s'adaptent mais sont toujours dans leur caste, leur ghetto doré à mettre en place des stratégies pour protéger et défendre leur patrimoine et leur mainmise depuis des lustres. Notre lutte à nous, les exploités, le peuple, est plus compliqué à mettre en branle et les victoires sont petites et fragiles. Mais nous savons que l'on gagne forcément mais dans le temps long, celui de l'Histoire...
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