Dickens 2010

Est-ce que Dickens aurait pu imaginer histoire plus pathétique dans son Angleterre du 19ème siècle que celle de l'affaire Casa Pia qui se joue au Portugal depuis 2002 ?
On peut se le demander tant l'époque semble se répéter mais avec plus de violences et de cruauté... Nous sommes dans un temps d'inégalités abyssales et cette affaire, ce grand procès n'en est qu'un exemple paroxystique.
Il lit les détails de ce procès. Et son esprit vagabonde en imaginant le parcours d'un Oliver Twist aujourd'hui victime d'un réseau pédophile en plus de tous les maheurs déjà présents dans le classique de Dickens. Il pense qu'après tout il devait en être de même dans l'Angleterre victorienne mais que ces choses-là n'étaient pas écrites, narrées tant elles étaient dégueulasses. L'affaire de la Casa pia, c'est un procès de plusieurs années qui vient seulement de finir, commencé en 2004, et qui condamne 6 personnes en tout incluant un présentateur vedette de la TV et un diplomate. C'est le démantèlement d'un réseau immonde dans un orphelinat d'Etat, la Casa Pia, et les sentences qui s'en suivent enfin. Le système judiciaire portugais a tremblé sur ses bases révélant ses faiblesses, ses manques, ses défaillances. Des orphelins, des pauvres, des enfants. La victime toute désignée, comme dans les guerres. Seulement là, c'est dans cette société-là, occidentale, industrialisée, riche, éclairée mais qui maintenant se marche sur la tête et reprend ses bonnes vieilles habitudes des plus pauvres, les plus nombreux, les plus exploités jusqu'au pire... Oui, cela finit de le convaincre que la justice et les droits disparaissent quand on est plus rien dans ce système. On "est" en fonction de l'épaisseur du portefeuille, la grandeur du patrimoine, le prestige du nom...
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