La ville-monstre
La ville-monstre. La ville-pieuvre. Tentaculaire dans ses artères. Elles deviennent monstrueuses avec l'âge. Et alors elles sont le Grand Londres, le Grand Paris, le Grand Moscou. Des blobs qui ne cessent d'englober. Bientôt la ville-monde ?
Déjà un continent est urbanisé à 75%, l'Océanie dans ses trois quarts, n'est que peuplée de citadins.
La cité immense avance par ses périphéries, ses banlieues de misère et de pauvreté, des misérables espérant atteindre le centre, le coeur, celui du confort, du luxe, historique. La ceinture de la ville, ce sont les taudis, les squats, les slums, les favelas, les colonias proletarias, les kampongs, etc.
Le coeur bat au rythme de sa bourse connectée aux cours et aux fluctuations. Le centre est celui des sièges sociaux des plus grandes firmes. Celui des costumes-cravates-attachés-case des avocats, publicitaires, comptables, experts en comm', traders, etc. Protégés dans leur centre bourgeois par une spéculation foncière, une gentrification des élus pour une vitrine de la ville prestige et bobo...
http://www.populationdata.net/indexcarte.php?option=article&aid=90&article=2008-08-12-Carte-des-plus-grandes-villes-du-monde&mid=1428

Les villes-monstres se répètent, se dupliquent, se copient. Mexico, Djakarta, Buenos Aires, Dacca, Los Angeles, Mumbai, etc. La ville monstrueuse est celle des eceteras.
Royaume de la voiture dans ses freeways, ses périph', ses rings, ses anneaux de routes à 2 voies, 3 voies, 4 voies, etc. Dans les villes étasuniennes, le piéton est un marginal, un louche. La bagnole est le meilleur outil, le meilleur agent pour que le royaume urbain se répande face à son opposé, son négatif : le rural. La voiture attaque aux ordres de la ville tentaculaire. Pan ! Equipement routier ! Pof ! Pollution atmosphérique et sonore ! Vlan ! Lotissement et buildings ! La ruralité est KO. Koyaanisqatsi...
L'art de se répandre sans en avoir l'air grâce aux citadins dans les pays riches. L'urbanisation diffuse avec les meilleures intentions. Le citadin veut maintenant un habitat campagnard, vivre au contact de la nature, il veut de l'authentique comme dans les belles émissions de vacances de Monsieur Nicolas Hulot... C'est tendance autant en Europe, aux USA, au Japon. On veut la nature, ô oui, mais la nature paysage. Après tout, le citadin n'est pas paysan. Vivre à la campagne, le panard, sauf que ceux qui font la campagne, les campagnards ne sont pratiquement plus là... Du coup, le "rurbain" détruit la nature en la désirant comme décor. Il prend la voiture systématiquement dans des distances bien plus grandes. Ou alors, top tendance, la "e-urbanisation", tout commander sur la toile quand dans la ville, tout était au coin de la rue, le "e-urbain" attend sa livraison motorisée en voiture, camionnette, poids-lourds, etc. Le rurbain est bien plus polluant, malgré lui, que l'urbain de la ville compacte. Le rurbain ne travaille pas la terre, il agrandit le garage, creuse une piscine. Son empreinte écologique est catastrophique. L'empreinte écologique ? C'est l'étendue nécessaire au renouvellement, par la nature, des ressources que nous détruisons. En même temps, l'empreinte écologique de l'humanité dépasse aujourd'hui d'un tiers la biocapacité de la planète Terre.
http://www.grid.unep.ch/activities/global_change/cities_from_space.fr.php
La ville-monstre convoîte aussi l'espace au-dessus. Un étalement urbain qui gratte le ciel. Chaque cité gigantesque veut son building, sa tour comme dans un grand concours mondial de "qui aura la plus grande", une compétition phallocratique. Le Corbusier, le précurseur qui devait vraiment complexer sur la taille, exigeait en 1936 pour Paris une tour de 2 000 mètres. Moscou a la sienne de 448 mètres, Paris attend sa tour sur la Défense pointant à 300 mètres en 2012. Dubaï a battu le monde avec sa récente tour phallique de plus de 800 mètres de hauteur.

Le Japon prépare déjà la vision du Corbu avec un pyramide de 2 000 mètres en préparation pour loger 700 000 résidents. La ville compacte empile les âmes. C'est le mythe de la rue verticale sans espace public à part un ascenceur où tout le monde regarde ses pieds, une impasse verticale où la rencontre ne se fait plus. La tour est bouffeuse d'énergie, elle qui est souvent tour de verrre, exigeant air conditionné, entretien délirant et difficile, avalant l'ensoleillement tout autour, multipliant la force des vents et pire que tout destructrice de tout esthétisme...
La ville-monstre avale toujours plus les étendues vertes et excrémente des étrons architecturaux en son coeur. Penser la ville autrement est-il possible.
Pistes à suivre dans le prochain billet.
Déjà un continent est urbanisé à 75%, l'Océanie dans ses trois quarts, n'est que peuplée de citadins.
La cité immense avance par ses périphéries, ses banlieues de misère et de pauvreté, des misérables espérant atteindre le centre, le coeur, celui du confort, du luxe, historique. La ceinture de la ville, ce sont les taudis, les squats, les slums, les favelas, les colonias proletarias, les kampongs, etc.
Le coeur bat au rythme de sa bourse connectée aux cours et aux fluctuations. Le centre est celui des sièges sociaux des plus grandes firmes. Celui des costumes-cravates-attachés-case des avocats, publicitaires, comptables, experts en comm', traders, etc. Protégés dans leur centre bourgeois par une spéculation foncière, une gentrification des élus pour une vitrine de la ville prestige et bobo...
http://www.populationdata.net/indexcarte.php?option=article&aid=90&article=2008-08-12-Carte-des-plus-grandes-villes-du-monde&mid=1428

Les villes-monstres se répètent, se dupliquent, se copient. Mexico, Djakarta, Buenos Aires, Dacca, Los Angeles, Mumbai, etc. La ville monstrueuse est celle des eceteras.
Royaume de la voiture dans ses freeways, ses périph', ses rings, ses anneaux de routes à 2 voies, 3 voies, 4 voies, etc. Dans les villes étasuniennes, le piéton est un marginal, un louche. La bagnole est le meilleur outil, le meilleur agent pour que le royaume urbain se répande face à son opposé, son négatif : le rural. La voiture attaque aux ordres de la ville tentaculaire. Pan ! Equipement routier ! Pof ! Pollution atmosphérique et sonore ! Vlan ! Lotissement et buildings ! La ruralité est KO. Koyaanisqatsi...
L'art de se répandre sans en avoir l'air grâce aux citadins dans les pays riches. L'urbanisation diffuse avec les meilleures intentions. Le citadin veut maintenant un habitat campagnard, vivre au contact de la nature, il veut de l'authentique comme dans les belles émissions de vacances de Monsieur Nicolas Hulot... C'est tendance autant en Europe, aux USA, au Japon. On veut la nature, ô oui, mais la nature paysage. Après tout, le citadin n'est pas paysan. Vivre à la campagne, le panard, sauf que ceux qui font la campagne, les campagnards ne sont pratiquement plus là... Du coup, le "rurbain" détruit la nature en la désirant comme décor. Il prend la voiture systématiquement dans des distances bien plus grandes. Ou alors, top tendance, la "e-urbanisation", tout commander sur la toile quand dans la ville, tout était au coin de la rue, le "e-urbain" attend sa livraison motorisée en voiture, camionnette, poids-lourds, etc. Le rurbain est bien plus polluant, malgré lui, que l'urbain de la ville compacte. Le rurbain ne travaille pas la terre, il agrandit le garage, creuse une piscine. Son empreinte écologique est catastrophique. L'empreinte écologique ? C'est l'étendue nécessaire au renouvellement, par la nature, des ressources que nous détruisons. En même temps, l'empreinte écologique de l'humanité dépasse aujourd'hui d'un tiers la biocapacité de la planète Terre.
http://www.grid.unep.ch/activities/global_change/cities_from_space.fr.php
La ville-monstre convoîte aussi l'espace au-dessus. Un étalement urbain qui gratte le ciel. Chaque cité gigantesque veut son building, sa tour comme dans un grand concours mondial de "qui aura la plus grande", une compétition phallocratique. Le Corbusier, le précurseur qui devait vraiment complexer sur la taille, exigeait en 1936 pour Paris une tour de 2 000 mètres. Moscou a la sienne de 448 mètres, Paris attend sa tour sur la Défense pointant à 300 mètres en 2012. Dubaï a battu le monde avec sa récente tour phallique de plus de 800 mètres de hauteur.

Le Japon prépare déjà la vision du Corbu avec un pyramide de 2 000 mètres en préparation pour loger 700 000 résidents. La ville compacte empile les âmes. C'est le mythe de la rue verticale sans espace public à part un ascenceur où tout le monde regarde ses pieds, une impasse verticale où la rencontre ne se fait plus. La tour est bouffeuse d'énergie, elle qui est souvent tour de verrre, exigeant air conditionné, entretien délirant et difficile, avalant l'ensoleillement tout autour, multipliant la force des vents et pire que tout destructrice de tout esthétisme...
La ville-monstre avale toujours plus les étendues vertes et excrémente des étrons architecturaux en son coeur. Penser la ville autrement est-il possible.
Pistes à suivre dans le prochain billet.
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