Chapitre 3 : L'eau

On le sait depuis pas mal de temps pourtant, l’eau va manquer aux populations et elle manque déjà terriblement au Sud. On nous a appris qu’il s’agissait d’une ressource vitale ô combien précieuse. De belles promesses ont été faites mais aujourd’hui, là aussi, les prévisions empirent et obligent à tirer la sonnette d’alarme. Les engagements n’étaient que des sornettes, de belles paroles sans suites, de beaux symboles sans fond. Pour exemple le beau site de l’ONU pour une décennie d’action de 2005 à 2015 pour l’eau, source de vie. De belles promesses qui a mi-parcours demeurent vaines
De même, après Mexico en 2006, tous les 3 ans, nous avons le sommet de l’eau. Le dernier était à Istanbul cette année mais le site est carrément mal foutu, presque hermétique, on trouve que dalle comme info vraiment cruciale
Reste l’un des meilleurs sites officiels internationaux sur le sujet en matière d’info et de pédago, c’est celui de l’UNESCO avec spécialement les pages du Programme Hydrologique International (PHI) dont les grandes études sur plusieurs années sont des sources d’infos excellentes
En temps réel, sur le site http://www.worldometers.info/fr/ dans la catégorie eau, on peut voir le nombre de personnes n’ayant pas accès à un point d’eau augmenter à vue d’œil. On dépasse facilement le milliard quant aux humains sur cette planète ne bénéficiant pas d’eau potable et presque le triple quant à ceux n’ayant pas d’installations sanitaires décentes. Sur cette carte, on voit nettement les régions du monde concerné par le stress quotidien de ne pas en trouver voir la pénurie totale :

Pourtant comme la bouffe, à laquelle elle est étroitement liée, l’eau en quantité sur la planète est bien suffisante. Le problème est économique et écologique, en somme politique. Il s’agit bien une fois de plus de cette logique de marché, de capitalisme libéral et productiviste qui est cause de cette soif et cette injustice dans l’accès à « l’or bleu ». Un académicien des sciences français l’explique d’ailleurs dans ce document MP3 téléchargeable sur Canal Académie, M. Ghislain de Marsily
Reste tout de même un cheminement normal dans le développement urbain important vers l'appauvrissement total des nappes phréatiques et la nécessité des villes devenues grandes et dont les nappes menacent (affaissements, penuries) de s'approvisionner toujours plus loin en eau. D'où des coûts surtout écologiques qui empirent la pollution d'une ville importante... Un cercle vicieux classique, celui de la pollution urbaine dont voici un schéma explicatif en 4 épisodes :

Il y a bien une inégale répartition de cette ressource alors qu'il y en a beaucoup dans certains endroits de la planète. Pour se représenter cette injustice géographique, un exemple : un petit nombre de pays détiennent 60% des réserves en eau douce alors que l'Asie, 60% de la population mondiale, n'en possède que 30%. Sur la carte du monde, on peut tracer un triangle, zone de la pénurie chronique de l'eau, en trois points : Tunisie – Soudan – Pakistan. Quand on lie cette zone avec de nombreuses tensions et guerre (Israël – Palestine, Irak, Afghanistan, etc.) et les conséquences dramatiques qui en découlent directement (bombardements sur les personnes et les structures, réfugiés, exodes, etc.), le souci permanent de l'eau accentue la condition déplorable et terrible des peuples du triangle...
Et puis, le problème de l'eau sur la planète, c'est aussi celui de sa pollution. Dans les pays industrialisés, le traitement des eaux usées assure un cycle maintenant à peu près au point pour les ménages surtout. C'est loin d'être le cas dans les pays les plus pauvres, souvent les plus peuplés. Les eaux usées sont presque dans leur totalité rejetées dans la nature, dans les fleuves, les mers, les rivières, etc. Et c'est pire dans la pollution de ces cours par les déchets industriels qui ravagent à partir de l'eau tout l'écosystème. Sur le site de International Rivers, on suit les dommages sur ces cours surtout dans le tiers-monde
Mais pas seulement dans le sud bien évidemment pour preuve ce scandale de source polluée en Bretagne datant du 20 juillet sur le très bon site d'infos alternatives sur l'eau Planète Bleue
Le nombre de personnes qui meurent d'eau souillée, contaminée, c'est 10 fois plus que dans les guerres, puisque cela représente 5 millions de victimes par an ! Si on continue dans les grands chiffres, en 2025 nous serons 8 milliards sur la Terre, d'où une part encore plus importante de l'humanité sans eau ou une eau néfaste... L'ONU a fait des calculs qui glacent le sang : 1,8 milliards d'êtres humains seront alors dans des zones en pénurie totale de l'or bleu et 5 milliards en stress hydrique quotidien... Une projection qui devient plus tragique lorsqu'elle se couple avec la concentration des populations dans des grandes villes de millions d'habitants à la consommation domestique toujours en augmentation...
Pour sensibiliser le nord au manque d’eau et l’absence d’installations sanitaires dans les pays du Sud, une opération par des ONG et la ville de Paris par exposition d’affiches scotchantes au premier abord de silhouettes dans l’obligation de faire leur besoin dans la rue (cf. 1ere photo ci-dessus au titre). Ca nous choque tellement nous sommes habitués à ce confort et cette exposition urbaine bien que comm’ avant tout, a le mérite de montrer franchement un décalage, une inégalité qui change tout au niveau santé.
Face à cette situation mondiale, en Occident, le mode de vie imposé par la pub et les produits vendus, ou encore les standards des écrans et des magazines, nous a mené à consommer 8 fois plus d'eau douce que nos grands-parents. L'Européen utilise 150 litres d'eau potable par jour, l'Américain 350 litres, l'Australien 1000, et ce sont des moyennes. Il existe un gâchis énorme dans le système d'écoulement ou dans les évaporations. Mais pas de culpabilisation à deux balles genre « Grenelle de l'environnement écotartufferie à la Arthus Hulot » genre il faut bien fermer son robinet quand on se lave les dents et on tire moins la chasse, etc. Une fois de plus le problème et surtout la solution sont dans la gestion globale de cette ressource essentielle et dans la gouvernance, les lois. Rien ne pourra se gagner par des gestes individuels de « gentils citoyens naïfs ».
Le casse-tête de l'eau ne peut se résoudre que dans une vision globale et une action globale à l'échelle de la planète car à l'échelle de sa condition individuelle, c'est pour moi un leurre de bonne conscience. Et puis croire en des changements de mode de vie par un lent processus de messages officiels et de communications pédagogiques vers un miraculeux éveil total des consciences, je pense que le compte à rebours fait que nous n'en sommes plus là, nous ne sommes plus dans le temps long mais bien un temps de plus en plus court...
70% des prises d'eau du monde sont consacrées à l'irrigation, pour l'agriculture, nourrir, logiquement, les hommes. C'est là qu'il faut agir : améliorer l'efficacité de cette technique essentielle pour la vie, et puis améliorer la distribution, préserver, lutter contre la pollution. Une action internationale qui a même été évaluée : 180 milliards de dollars par an pendant 25 ans. L'argent réuni chaque année pour le moment culmine à 75 milliards, nous n'y sommes pas alors qu'il s'agit d'une des missions humanitaires les plus nobles qui soit, beaucoup plus nobles que sauver des banques et des fonds d'investissements. Ajoutons que qu'autour de la table ronde internationale continuent de siéger des adeptes de la privatisation et du marché tout puissant. Ceux-là préconisent une solution empoisonnée de privatiser la distribution de l'or bleu, ce droit fondamental de l'humanité même et surtout aux plus pauvres... C'est là qu'est le véritable combat, dans la politique et l'écologie (la vraie alliant lutte verte et rouge, pour la nature et l'homme) peut-être vain, j'en conviens, mais il faut le faire. Lutter en particulier contre ceux qu’on appelle « les Barons de l’eau », ces compagnies toute puissantes dans la distribution privatisée de l’eau qui font casquer les pauvres (où il y une domination de boîtes françaises surnommées les 3 sœurs : Suez, Veolia, Saur). Un site consacré à ces Barons hydro-voleurs pour identifier, savoir et dénoncer
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